Billets comportant le tag L.Thabourey

Billets comportant le tag L.Thabourey
0 notes &
Quand les données publiques se transforment en open data. Quelles opportunités pour le débat citoyen ?

L’époque est à la transparence. Rendre des comptes devient une nécessité pour toute organisation, quand il ne s’agit pas d’un devoir pour les institutions publiques. Car tel est l’un des enjeux de la démocratie aujourd’hui : comment expliquer les choix des acteurs publics et comment valoriser leurs décisions ?
Les citoyens, organisés en collectifs ou non, sont de plus en nombreux à questionner les collectivités, les administrations ou l’État directement, sur le fondement d’une décision, l’affectation des dépenses publiques ou encore la mesure de l’efficacité d’une politique. C’est une tendance de fond que les décideurs doivent prendre en compte dans la conduite de leur mission de service public.
Dans ce contexte, les services du Premier ministre ont développé une plateforme d’ouverture des données publiques : data.gouv.fr. Alimentée par les services de l’État, cette plateforme se présente comme un catalogue de ressources accessibles à tous. Budget de l’État, dépenses d’assurance maladie, chiffres sur l’environnement, subventions aux associations, l’inventaire peut être long puisque le site donne accès à plus de 350 000 « jeux de données publiques ». Généreux dans son principe, ce site s’adresse en fait en priorité aux scientifiques et à tout opérateur souhaitant développer une offre de service. Comme le souligne Benoit Degiovani sur Huffingtonpost.fr, « la commission de Bruxelles, qui encourage massivement à la libération de données, évalue le marché de réutilisation des données publiques à 27 milliards d’euros par an dans l’Union Européenne ».
Cette ouverture des données est en effet un véritable encouragement à l’innovation et peut favoriser la création de nouveaux services, tels des applications mobiles géolocalisées, des services web sur autant de sujets que comptent les open data.
Mais quelle est la place du citoyen dans cet univers de l’open data ? Quel enseignement peut-il tirer de la mise à disposition d’autant de données ? Les réponses sont moins évidentes, tant le format de ces données demande expertise et connaissance pour les déchiffrer et les comprendre. Les opérateurs publics agissent bien dans une logique de transparence en proposant un accès facilité à leurs données. Nous sommes ici dans une logique de transparence top/down : l’Etat met à la disposition des citoyens des données, pas forcément celles qu’ils attendent, et ne leur laisse par la possibilité d’en être les co-constructeurs. Il manque l’explication, le commentaire, tout ce qui permet de faciliter la compréhension de ces données. Certains acteurs publics le font de manière ponctuelle. L’approche de France.fr, à travers sa rubrique connaître tente par exemple d’y répondre, sans pour autant couvrir l’ensemble des préoccupations citoyennes. À noter cependant, une trouvaille du site Owni sur la mise en forme des data : “The Country Comparator”. Sur la base des données de l’OCDE, cette application permet est de comparer les membres de cette organisation de manière dynamique à travers trois thèmes et plusieurs indicateurs.
Evaluer l’action publique par les données demeure un enjeu important. Cela nécessite objectivité, transparence et pédagogie. Alors, à quand un datapourtous.gouv.fr ?
Luc THABOUREY
Directeur du pôle Ingénierie de Contenus
0 notes &
Quand le digital s’empare des soldes, c’est le moyen de se différencier de ce qui se pratique en magasin. Analyse du wording des accroches des principaux distributeurs et grandes marques.

Les soldes, période de récréation consumériste, n’échappent pas au marketing digital. Alors que les vitrines vous invitent aux premières puis aux secondes démarques en affichant les taux de réduction appliqués en magasin, les newsletters d’abonnés aux marques développent un discours plus ciblé en incitant bien évidemment au fameux passage à l’acte. Analyse d’une trentaine de newsletters de grandes marques de distribution.
Tendance 1 : événementialiser l’opération pour générer du clic, et donc de l’achat. « C’est parti pour les soldes », « shop now », « jour j », « dès maintenant », etc. Sur ce point, les distributeurs ne font pas preuve de grande originalité. Un seul annonceur se démarque pour autant : GO Sport avec « On siffle le début des soldes ! » dans le titre de l’email et pour accroche « Echauffez-vous, les soldes arrivent ».
Tendance 2 : rendre l’achat implicite en développant un ton direct et impliquant. « J’en profite » pour Monoprix et les Galeries Lafayette. Il s’agit là d’une vraie promesse, car je me sens concerné et la marque m’offre, à moi seul, des contenus de soldes. Technique de marketing éprouvée, cette accroche demeure un levier efficace pour générer un taux de clic satisfaisant. Ce genre de formulation apparaît plus efficace qu’une dénomination générique et standard du genre « découvrir les soldes », « les soldes, comment ça marche. »
Tendance 3 : parler de sa marque. Certaines enseignes ont recours à un vocabulaire en pleine cohérence avec leur positionnement. TATI revendique sa politique de prix : « mêmes les plus bas prix sont en solde », Vert Baudet valorise ses consommateurs : « soldes, recommandé à 200 % pour les enfants » et Damart renvoie à l’univers de confort de ses produits « « vos soldes en toute tranquillité, c’est uniquement sur damart.fr ».
Tendance 4 : jouer le collectif avec ses clients. Nous sommes ici dans le champ de la revendication : « Tous au soldes » avec Décathlon et « Vive le shopping libre / Prime au shopping pour tous » pour La Redoute
Tendance 5 : les inclassables. Le registre du discours leur est propre et n’est utilisé par aucune autre enseigne. Mr Bricolage plébiscite « les prix marteaux, ils vont vous rendre fous ». Quant à Cdiscount, l’enseigne propose « la grande boucherie, décote de porc dans tous les magasins ! »

Nous oublierons de cette chronique les grandes marques qui n’ont pas besoin de faire de soldes : le silence, une autre façon de parler de soi.
Luc THABOUREY
Directeur du pôle Ingénierie de Contenus